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Une intrusion ,sans visa, dans les consciences européennes

par Ettougourti Mohamed Ali

Des centaines de corps repêchés, des familles décimées, des femmes, des enfants engloutis par les flots, morts noyés.
Combien de morts encore faut-il aux autorités européennes pour réviser leur législation d’entrée en Europe : abolir le Visa.
Les champions de la liberté, les donneurs de leçon en matière de respect des droits de l’homme ont la conscience tranquille. Pour eux la faute incombe aux passeurs, qui profitent de la détresse des peuples et des personnes fuyant les guerres, la dictature et la famine.
On connait ce genre d’excuses.
C’est l’excuse des gens biens qui vendent des armes à feu, fomentent les troubles et les conflits, attisent le feu, et feintent l’étonnement à chaque incendie qui se déclare.
C’est l’excuse des gens biens, qui tirent toujours leur épingle du jeu. Trop intelligents pour se faire prendre, trop forts pour être inquiétés.
C’est l’excuse des gens biens, qui se tirent toujours à bon compte ! N’ont-ils pas dépêchés des secours à temps, reçus les rescapés comme il se doit, dans des centres d’accueil ?
Plus de trois cents morts aux portes de l’Europe, ils ne seront pas malheureusement les derniers, mais en attendant les nouveaux drames, et dans quelques semaines, les morts seront oubliés, le drame enfoui dans la conscience européenne collective et encore une fois l’Europe préfère éluder les problèmes au lieu de les résoudre alors que des vies humaines sont en jeu.
heureusement on n’a vraiment pas besoin de passeur ni de visa pour pénétrer la conscience de l’Europe sans fouler le territoire.

Avant la loi sur l’obligation de l’obtention du visa et les restrictions imposées par nos voisins du nord pour le déplacement de nos concitoyens, les tunisiens partaient aussi à l’aventure, mais prenaient l’avion ou le bateau, présentaient leur billet de transport et leur passeport. Jamais nous ne connaissions avant le visa de tragédies où des tunisiens mourraient noyés aux portes de l’Europe.
Ils voyageaient dans la dignité, Logeaient chez des amis ou des parents. Les Malchanceux rentraient bredouilles, un peu maigres et chétifs, mais vivants.
Ils rentraient contents d’avoir découvert un autre monde, vécu une expérience existentielle riche, et tenté leur chance sous d’autres cieux. Certains ayant atteint la limite de leur propres capacités préfèrent rentrer dans le pays prenant conscience grâce à l’expérience qu’ils ont vécu que leur pays est le meilleur au monde et que nul ailleurs ils ne connaitront le bonheur.
Contrairement à ce que l’on pense, l’élan de liberté, la curiosité et le goût de l’aventure motivent les candidats à l’immigration, surtout les jeunes, autant Que la pauvreté et le besoin.
Il n’est pas donc étonnant de voir des jeunes ,qui ne sont pas spécialement dans le besoin , chercher à partir découvrir l’autre, découvrir le monde et satisfaire une curiosité toute naturelle.
Sindbad aurait pu être tunisien.
Malheureusement cet élan de liberté qui aurait été loué chez d’autres jeunes est refusé à nos jeunes que nous jugeons sévèrement. Les mères encouragent leurs enfants à partir par amour. La mort dans l’âme elles risquent la vie de leurs enfants pour les voir vivre heureux et épanouis.
Elles sont convaincues que leur enfant ne sera pas heureux sans avoir tenté l’expérience de sa vie. Une mère préfère que son enfant vive même loin de ses yeux que de survivre ou vivre malheureux sous ses yeux.
Nous avons assisté malheureusement indifférents aux restrictions que l’Europe hautaine a imposé à nos enfants. Une fois le visa imposé, La course aux privilèges est ouverte : les avocats, médecins, hommes d’affaires, pharmaciens, directeurs généraux, concourraient pour l’obtention du visa avec le plus de facilités et pour le plus long séjour.
Pourtant ceux qui avaient le plus besoin de bouger, de partir ne sont pas ceux à qui on accorde le plus de facilités dans l’obtention du visa. Avec la complicité de nos anciens gouvernants le visa tourne pour notre jeunesse désœuvrée et fauchée à l’interdiction pure et simple de quitter le territoire national. Nous connaissons tous l’astuce juridique pour détourner le droit naturel de se déplacer : chacun peut quitter son territoire national mais il n’a aucun droit pour choisir sa destination, et dans quel pays vivre.

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