Accueil des migrants moment historique

Accueil des migrants moment historique

Par Ettougourti Mohamed Ali

migrants

Des foules de migrants entrent « triomphalement » en Allemagne, à Munich, à Francfort. Ils ne viennent pas en conquérants. Désarmés, démunis, les traits tirés par la fatigue, la faim, le manque de sommeil, mais bien heureux de fouler une terre d’accueil, une terre d’asile, de rencontrer de braves gens, des hommes qui ont le cœur sur la main.
Ces images diffusées sur nos écrans apportent un cinglant démenti à Fukuyama, à ses sombres prophéties de fin de l’Histoire, de l’inévitable guerre ou choc des civilisations et à ses prédictions d’oiseau de mauvaise augure.
Car l’Histoire est loin d’être finie. Elle est au contraire en marche. Nous vivons sur nos écrans de télévision des jours historiques. Ils le sont pour l’Europe et surtout pour l’Allemagne, ils le sont aussi pour les peuples arabes.
Les migrants viennent de remporter la bataille. Celle De vaincre la peur, l’indifférence de l’autre. Parce qu’ils sont demandeurs d’asile, de protection, de travail, de pain, de paix, leur vulnérabilité, leur faiblesse, ont fini par désarmer toute résistance, toute peur, toute crainte et appréhension chez leurs hôtes.
Les migrants ont sans doute perdu une identité, la leur, désormais ils sont « migrants » parmi tant d’autres. Ils entrent en Europe en quête d’une nouvelle identité, allemande, italienne, française ou autre, mais ils ont retrouvé en fin d’un voyage long et périlleux, une autre identité, une autre dimension, celle simplement d’êtres humains.
Déshumanisés par la guerre ils se sont battus pour retrouver leur humanité. Une humanité que les braves peuples d’Europe ont reconnue, ont vue, ont saisie. D’où l’élan d’amour, de compassion, d’empathie, de solidarité, qui s’est vite manifesté, a pris forme, finit par éclater au grand jour.
Au diable, les dossiers, les règlements, les lois, les accords, les visas, les autorisations d’entrer, de circuler, de séjourner, de travailler… les frontières s’effacent, s’estompent. Les territoires perdent leurs contours, la terre retrouve son premier dessin, son premier dessein : La maison des hommes. Tous les hommes.
Nous avons vus les migrants déterminés, forts, tenaces, résistants. Ils défendaient un droit. Leur droit de vivre en paix, de travailler, d’avoir une famille, et des enfants. Ce droit basique, le jus gentium, droit minimum accordé à un être humain, personne, ne peut le leur nier, personne ne peut le leur ôter, le monde finit par le leur reconnaitre.
Rien ne sera plus désormais comme avant. Du moins pas avant longtemps. Le temps que nos vieux démons et nos vieux réflexes de xénophobies et d’égocentrisme ne reprennent le dessus. Pour le moment savourant ensemble ces instants inoubliables, historiques.
Que ceux qui combattent l’autre au nom de la religion, au nom de la pureté des races, au nom de la supériorité présumée d’une civilisation, d’une culture, d’une idéologie, au nom d’une vérité qui n’a jamais existé, déchantent.
Les chemins de dieu sont impénétrables. Qui l’aurait cru ? une guerre atroce fournit au moment le moins attendu, alors que le désespoir envahit nos cœurs, la preuve la plus éclatante de la pérennité de l’amour entre les peuples.
Un peuple meurtri renait. Les enfants du pays démunis, désarmés, ont pu soulever de par le monde le plus grand mouvement de sympathie et d’entraide entre les peuples depuis la seconde guerre mondiale. La Syrie, vient de remporter une victoire, contre la bêtise, et l’effronterie humaine. L’Allemagne, et l’Europe viennent de conquérir à jamais le cœur des syriens, des arabes, des musulmans.

[contact-form-7 404 "Not Found"]